« Quoi ma ville ? Pourquoi j’aime cette ville… ?
Quand tu es enfant à Nîmes et que ton camion tombe du parapet pour couler au fond du canal de la Fontaine, une histoire commence avec ce lieu. D’abord tu exploses en sanglots et tu maudis ce trou rempli de vase. Ensuite, c’est comme si tu avais fais un pacte avec ce canal. Quand tu y repasses, tu sais que ton camion est toujours là, quelque part sous toute cette flotte. Alors tu es content et tu finis par aimer ce lieu. C’est à cause de ce genre de détails qu’une ville te donne des sensations que tu n’auras nulle part ailleurs. C’est peut-être aussi pour ça que tu acceptes de crever de chaud l’été et de bouffer du Mistral pendant toute l’année. D’ailleurs, sans t’en rendre compte, tu t’organises, tu finis par connaître toutes les rues qui sont à l’ombre et celles qui sont abritées du vent.`
Et plus tard, c’est plus fort que toi, tu as beau voyager, quelque part tu recherches toujours un peu ta ville. Certains endroits te donnent l’impression que tu pourrais y vivre indéfiniment, c’est le cas pour moi de Florence, de Madrid ou d’Essaouira. Cela veut dire que tu y as reconnu quelque chose qui t’appartient déjà et qui t’attend chez toi »
N.C
